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Combien coûtent vraiment les plateformes de livraison en 2026 ?

UberEats, Deliveroo, Just Eat : analyse détaillée des commissions, frais cachés et impact sur votre marge. Comparatif complet.

27 mars 202613 min de lecturePar Deli-Free

2 847 €. C'est ce qu'un restaurant moyen reverse à UberEats chaque mois, rien qu'en commissions. Et on ne parle que de la commission de base — pas des frais cachés, pas des remboursements imposés, pas du marketing payant.

Sur un an, ça représente plus de 34 000 €. Pour mettre les choses en perspective, c'est l'équivalent d'un salaire annuel chargé. Vous payez, en gros, un employé à temps plein dont le seul travail serait de reverser de l'argent à Uber.

Vous trouvez ça acceptable ? Nous, non. Alors on a fait ce que personne ne fait : on a décortiqué les vrais coûts des trois principales plateformes de livraison en France. Pas les chiffres marketing. Les vrais.

Les commissions affichées : ce qu'on vous dit

Commençons par ce qui est public. Les taux de commission que chaque plateforme met en avant.

UberEats — 30 %

30 %

de commission standard UberEats (sur le montant TTC)

C'est le taux le plus connu et le plus élevé du marché français. 30 % sur le montant TTC de chaque commande, sans exception. Uber prélève sa part avant de vous verser quoi que ce soit.

Il existe des contrats à 25 %, mais soyons honnêtes : c'est rare. Pour l'obtenir, il faut généralement un volume minimum de 500 commandes par mois ou une clause d'exclusivité — c'est-à-dire que vous vous engagez à ne pas être sur Deliveroo ou Just Eat. Un beau piège.

En France, UberEats reste la plateforme dominante en volume de commandes. Selon les données du marché rapportées par la FEVAD, elle représente environ 45 % des commandes de livraison restaurant en ligne. C'est justement cette position dominante qui lui permet de maintenir des taux aussi élevés.

Deliveroo — 25 à 35 %

Deliveroo est plus opaque qu'UberEats sur sa grille tarifaire. Le taux varie entre 25 et 35 % selon plusieurs critères :

  • Le type de contrat : marketplace classique vs Deliveroo Editions (cuisines partagées)
  • Le volume mensuel : plus vous faites de commandes, plus vous pouvez négocier
  • La zone géographique : Paris vs province, ça ne joue pas pareil
  • Les options marketing : si vous prenez des packages promo, la commission de base peut baisser (mais le coût total monte)

En pratique, la majorité des restaurants indépendants paient autour de 30 %, soit quasiment la même chose qu'UberEats. Les 25 % sont réservés aux gros volumes. Les 35 %, c'est pour les Deliveroo Editions où la plateforme fournit aussi le local.

Just Eat — 14 à 25 %

Just Eat a un modèle différent et, en apparence, plus avantageux :

  • 14 % si vous gérez votre propre livraison (Just Eat ne fait que la mise en relation)
  • 25 % si vous utilisez le service de livraison Just Eat

À 14 %, ça a l'air intéressant. Le problème, c'est que ça veut dire embaucher vos propres livreurs — avec les charges sociales, les véhicules, les assurances, la gestion des plannings. Pour un restaurant indépendant qui fait 30 à 50 commandes en livraison par jour, le coût d'un livreur salarié revient souvent plus cher que les 30 % d'UberEats.

À 25 %, on retombe dans les mêmes eaux que les concurrents. Et Just Eat a aussi des frais d'activation (200 à 500 € selon les contrats) et parfois un minimum mensuel de commissions. Bref, la « bonne affaire » est souvent un trompe-l'œil.

Les frais cachés : ce qu'on ne vous dit pas

Et c'est là que ça devient vraiment intéressant. Parce que la commission affichée, c'est juste le début.

Les remboursements que vous n'avez pas décidés

Le problème des remboursements unilatéraux

Sur UberEats et Deliveroo, la plateforme peut décider seule de rembourser un client et de débiter votre compte. Vous n'êtes pas consulté. Vous n'avez pas votre mot à dire. Le client dit « mon burger était froid » — remboursé. « Il manquait les frites » — remboursé. Que ce soit vrai ou pas.

Concrètement, ça représente combien ? D'après les retours de nos premiers utilisateurs et les témoignages qu'on peut lire sur les forums de restaurateurs, comptez entre 1,5 et 3 % du CA en remboursements subis. Sur un restaurant qui fait 10 000 € par mois sur UberEats, c'est 150 à 300 € en plus de la commission.

Et le plus frustrant : il y a un vrai problème de fraude client sur ces plateformes. Des gens qui commandent, reçoivent leur repas, et déclarent systématiquement un problème pour obtenir un remboursement. Les plateformes ne font quasiment rien contre ça — c'est le restaurant qui paie.

Le marketing qui n'est pas optionnel (en pratique)

En théorie, le marketing sur UberEats ou Deliveroo est optionnel. En pratique, si vous ne payez pas, vous êtes invisible.

Les boosts de visibilité : +5 à 15 % de commission supplémentaire pour apparaître en haut des résultats. Sans boost, vous êtes noyé au milieu de 200 restaurants. Avec boost, votre commission effective monte à 35, 40, voire 45 %.

Les promotions co-financées : UberEats vous propose régulièrement de faire « -30 % sur la première commande » ou « Livraison gratuite ». Le coût de la promotion est intégralement à votre charge. Sur une promo à -30 %, vous perdez donc 30 % de commission + 30 % de promotion = 60 % du montant de la commande. On est d'accord que c'est aberrant ?

La publicité sponsorisée : Du coût-par-clic dans l'app. Comme Google Ads, mais dans UberEats. Le rapport qualité/prix est rarement au rendez-vous pour les petits restaurants, d'après les retours du secteur.

Les pénalités silencieuses

Les plateformes ne vous envoient pas de facture de pénalité. C'est plus subtil. Elles vous déclassent.

  • Vous refusez une commande ? Votre score baisse, vous apparaissez moins dans les résultats
  • Votre temps de préparation dépasse la moyenne ? Même punition
  • Vous fermez en dehors des horaires prévus ? Pénalité sur votre visibilité pendant plusieurs jours
  • Votre note tombe sous 4.2/5 ? Déréférencement temporaire — vous disparaissez de l'app

Du coup, pour maintenir votre visibilité, vous êtes obligé d'accepter toutes les commandes (même les non-rentables), de préparer plus vite (même au détriment de la qualité), et de ne jamais fermer en avance (même si le restaurant est vide).

L'emballage aux normes

On en parle rarement, mais c'est un poste de coût réel. Les plateformes exigent des sacs scellés, des autocollants de fermeture, des contenants adaptés. Pour un restaurant qui ne faisait que du sur place avant, c'est un investissement :

  • Sacs kraft avec fermeture : 0,30 à 0,60 € pièce
  • Contenants hermétiques : 0,20 à 0,50 € pièce
  • Autocollants de scellage : 0,05 à 0,10 € pièce
  • Couverts, serviettes, sauces en portion : 0,15 à 0,30 €

Total par commande : 0,70 à 1,50 €. Sur 1 500 commandes par mois, ça fait 1 050 à 2 250 €. C'est pas rien.

L'impact réel sur votre marge : le calcul qui fait mal

On arrête de tourner autour du pot. Prenons un restaurant type — pas un chiffre inventé, mais un profil représentatif basé sur nos simulations : 50 commandes/jour, panier moyen de 25 €, soit 37 500 € de CA mensuel via les plateformes.

Ce qui reste après UberEats

| Poste | Montant | |---|---| | Prix de vente TTC (commande type) | 25,00 € | | TVA restauration (10 %) | -2,27 € | | Commission UberEats (30 %) | -7,50 € | | Coût matières premières (~30 % du HT) | -6,82 € | | Main d'œuvre proportionnelle | -4,00 € | | Emballage livraison | -1,00 € | | Marge nette par commande | 3,41 € |

3,41 €

de marge nette par commande UberEats — dans le meilleur des cas

3,41 € par commande. Soit 13,6 % de marge. Et c'est le scénario optimiste — sans les remboursements, sans le marketing, sans les frais généraux (loyer, énergie, assurances, comptable...).

Si on ajoute les frais réels — remboursements (0,35 € par commande en moyenne), marketing (0,50 €), frais généraux ramenés à la commande (2,00 €) — on tombe à 0,56 € par commande. Moins d'un euro. Pour préparer un repas, le conditionner, le faire livrer et gérer le service client.

À ce niveau-là, un imprévu — une panne de frigo, un livreur qui casse un plat, un pic d'ingrédients cher — et vous travaillez à perte. D'après les analyses du secteur de la restauration (rapports CHD Expert), 30 à 40 % des restaurants qui dépendent des plateformes pour plus de la moitié de leur CA en livraison ne dégagent pas de bénéfice net sur ce canal.

Ce qui reste avec votre propre plateforme

| Poste | Montant | |---|---| | Prix de vente TTC | 25,00 € | | TVA restauration (10 %) | -2,27 € | | Abonnement SaaS (ramené par commande) | -0,07 € | | Coût livraison Uber Direct | -4,20 € | | Coût matières premières (~30 % du HT) | -6,82 € | | Main d'œuvre proportionnelle | -4,00 € | | Emballage livraison | -0,80 € | | Marge nette par commande | 6,84 € |

6,84 €

de marge nette par commande en direct — le double

6,84 € au lieu de 3,41 €. Exactement le double. Sur 1 500 commandes par mois, c'est 5 145 € de marge supplémentaire. Par mois. Soit 61 740 € par an.

Et ce calcul est conservateur. On utilise Uber Direct à 4,20 € la course (tarif moyen sur la plupart des villes françaises). Si vous êtes dans une zone bien couverte, ça peut descendre à 3 €. Si vous avez vos propres livreurs, encore moins.

Le tableau comparatif complet

Mettons tout à plat. Mêmes hypothèses : 1 500 commandes/mois, panier moyen 25 €.

| Critère | UberEats | Deliveroo | Just Eat (livré) | Deli-Free | |---|---|---|---|---| | Commission par commande | 7,50 € (30 %) | 7,50 € (~30 %) | 6,25 € (25 %) | 0 € | | Abonnement mensuel | 0 € | 0 € | 0 € | 49 à 99 € | | Coût livraison | Inclus | Inclus | Inclus | 3 à 6 €/course | | Marketing obligatoire (estimé) | 750 €/mois | 600 €/mois | 300 €/mois | 0 € | | Remboursements subis (estimé) | 350 €/mois | 300 €/mois | 150 €/mois | Vous décidez | | Coût mensuel total | ~12 350 € | ~11 700 € | ~9 825 € | ~6 199 € | | Accès données clients | Non | Non | Partiel | Complet | | Programme fidélité | Non | Non | Non | Oui | | App mobile à votre nom | Non | Non | Non | Oui | | Personnalisation | Limitée | Limitée | Limitée | Totale | | Support dédié | Email standard | Email standard | Email standard | Prioritaire |

Le constat est clair. Même en comptant le coût de la livraison via Uber Direct ou Stuart, votre propre plateforme vous coûte environ la moitié de ce que prélèvent les plateformes. Et vous récupérez en prime le contrôle de vos données, de votre image et de votre relation client.

Même réseau de livreurs, sans la commission

Un détail que beaucoup de restaurateurs ignorent : Uber Direct, c'est le réseau de livreurs UberEats. Mêmes coursiers, même qualité de livraison, même suivi GPS. Sauf que vous payez uniquement le coût réel de la course (3 à 6 € selon la distance), sans la commission de 30 %. Stuart fonctionne pareil avec son propre réseau. La livraison n'est pas un obstacle.

Les cas où les plateformes restent utiles

On ne va pas vous mentir. Les plateformes de livraison ne sont pas à jeter à la poubelle dans tous les cas. Elles ont un vrai intérêt dans certaines situations.

Pour l'acquisition de nouveaux clients. C'est leur force principale. Des millions de personnes ouvrent UberEats ou Deliveroo chaque semaine pour chercher un restaurant. Si vous n'y êtes pas, ces gens ne vous trouveront peut-être jamais. Les plateformes fonctionnent comme un panneau publicitaire géant — sauf qu'il coûte 30 % au lieu d'un tarif fixe.

Pour un nouveau restaurant. Quand vous ouvrez, vous avez besoin de visibilité immédiate. Les plateformes vous donnent ça. Les 3 à 6 premiers mois sur UberEats, c'est un investissement d'acquisition client. Après, il faut migrer.

Pour les pics de demande ponctuels. Match de foot, mauvais temps, jour férié — il y a des moments où le volume de commandes explose. Si votre propre plateforme ne suffit pas à absorber la demande, garder un canal UberEats à horaires limités peut avoir du sens.

La stratégie intelligente, c'est d'utiliser les plateformes comme canal d'acquisition et votre propre plateforme comme canal de fidélisation. Le client vous découvre sur UberEats. Il commande une fois, deux fois. Puis il voit le QR code sur le sac, il découvre votre site, il a -15 % sur sa prochaine commande directe. Et il ne revient plus jamais sur UberEats.

On explique exactement comment orchestrer cette transition dans notre guide pour quitter UberEats.

L'impact sur la marge nette — la réalité que personne ne veut voir

Un restaurant en France dégage en moyenne entre 3 et 10 % de marge nette, selon les données CHD Expert. C'est l'un des secteurs avec les marges les plus faibles.

Maintenant, prenez un restaurant à 7 % de marge nette. Retirez 30 % de commission sur son canal livraison (qui représente souvent 30 à 50 % du CA total). Faites le calcul. Ce restaurant perd de l'argent sur chaque commande livrée via UberEats. Il subventionne la livraison avec les bénéfices du sur-place.

C'est un modèle qui tient tant que la livraison reste minoritaire. Mais la tendance de fond, c'est l'inverse : la livraison représente une part croissante du CA des restaurants (environ 25 % du marché de la restauration en 2025, d'après les chiffres de la FEVAD, contre 15 % avant 2020). Si votre canal livraison grossit et que vous restez à 30 % de commission, c'est mathématique : votre rentabilité globale s'effondre.

Calculez vos propres économies

Chaque restaurant a ses chiffres. Votre panier moyen n'est peut-être pas de 25 €. Votre volume n'est peut-être pas de 50 commandes par jour. Et c'est justement pour ça qu'on a créé un simulateur d'économies personnalisé.

Entrez votre nombre de commandes, votre panier moyen, et le simulateur vous calcule exactement combien vous pouvez économiser en passant en direct. C'est gratuit, c'est instantané, et ça ne vous engage à rien.

Pour la suite — comment mettre en place concrètement votre propre plateforme — consultez notre guide pour créer votre app de livraison. Et si vous êtes prêt à lancer la migration, notre guide de transition UberEats vous donne le plan étape par étape.

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